Vos symptômes

Sont décrits ici quelques symptômes bien repérés, mais en réalité l'éventail de nos souffrances psychiques est vaste : idées obsédantes et phobies, angoisses de mort ou de séparation, sentiment d'irréalité ou d'imposture, échecs répétés, conduites à risque, inhibition et solitude, culpabilité envahissante, hyperactivité et hypersensibilité, instabilité thymique, agressivité et tendances paranoïaques, douleurs psychosomatiques...

    

Au delà des diagnostics et des étiquettes à la mode, ce qui compte,

ce qui peut ouvrir un travail, ce sont vos mots à vous.

  

Car un symptôme psychique n'est pas un dysfonctionnement : c'est une construction signifiante ; il a une fonction, et il fait énigme. Aussi est-il à parler, à lire, à interpréter. C'est dans le langage (et ses non dits) qu'il s'est noué, c'est par la parole qu'il relâchera son emprise.

Angoisses

L'angoisse est une expérience humaine universelle, mais quand les crises sont trop fréquentes, elle devient invalidante et est vécue comme pathologique.

L'angoisse se repère d'une sensation physique caractéristique (douleurs abdominales ou thoraciques, difficultés à respirer, vertiges, palpitations...), et en même temps on perçoit bien qu'il n'y a pas de cause organique ; c'est une peur envahissante, qu'on ne peut pourtant pas rapporter à un objet ou à une situation précise. On se sent en danger, mais on ne sait pas lequel. Les facultés imaginaires sont comme pétrifiées.

L'angoisse relève d'un impossible à dire et signale un conflit psychique inconscient qui ne se dénoue qu'au fil d'un patient travail d'élaboration. Elle est précieuse car elle ne ment pas, et si on accepte de l'interroger, elle nous met sur la voie de notre désir. 

Références théoriques

S. Freud, Inhibition, Symptôme et angoisse (1926)

J. Lacan, Séminaire X, 1962-63, L'Angoisse

Burn out, Dépressions

Si l'usage distingue ces deux manifesta-tions (le Burn out étant plus spectaculaire et lié à la vie professionnelle), elles ont pourtant en commun l'épuisement et un certain rapport avec le deuil.

Le sujet en dépression se découvre à l'arrêt : il n'a plus envie de rien, plus d'intérêt, plus d'appétit, plus de plaisir ; il fait l'épreuve d'un temps amorphe et d'une perte de sens : "Vanité des vanités, tout n'est que vanité".

Le travail comporte souvent une longue phase de ressassement, de déploration, d'errance ; il faut reprendre les pertes successives, les deuils passés à la trappe, les effondrements masqués. Sur ce chemin, on croisera les questions de l'idéal du moi et de la demande. Insensiblement, le désir renaîtra de ses cendres, et le futur à nouveau fera promesse.

Références théoriques

S. Freud, Deuil et mélancolie, 1917

P. Fedida, Les bienfaits de la dépression, 2001

Anorexie, Boulimie & Addictions

Ces symptômes différents relèvent d'une même logique psychique : ce sont des agir, des conduites compulsives et contraintes (on ne peut pas s'en empêcher) qui prennent le corps en otage et visent l'excès comme tel.

Leur fonction première est d'évacuer ou recouvrir une souffrance psychique, mais rapidement les addictions et les TCA (troubles du comporte-ment alimentaire) finissent par devenir envahissants, provoquant honte et isolement social. 

La déconstruction de cette logique de suppléance prend toujours du temps : comment renoncer à ce qui se présente comme un soulagement ? Comment aimer un corps désinvesti ? Comment affronter les béances ainsi colmatées ?

Il s'agit alors de repriser l'histoire intime, de repérer les carences narcissiques et d'apprivoiser la détresse cachée.

Références théoriques

C. Lacoste-Destribats, "Anorexie, Boulimie", La clinique lacanienne, n°18, 2010

J-L. Cacciali, J-L. Chassaing, "L'addiction est-elle devenue notre norme ?," JFP, n°83, 2016